19 juillet 2005
Arrêt avéré mais temporaire
Rien sur ce blog depuis le 14 juin, soit plus d'un mois... Entre un nouveau boulot et un déménagement à venir, le temps me manque pour continuer à raconter ce voyage... Rendez-vous à partir du 15 août, je serai plus disponible normalement... Bonnes vacances et / ou bon voyage !
14 juin 2005
Journée transport
Vendredi 11 mars Photos : cf. album "Au stationnement"
Aujourd'hui, notre objectif est d'arriver jusqu'à Fianarantsoa, voire Antsirabe ou Tana. La partie n'est pas gagnée, car il nous faut arriver tout d'abord au village le plus proche du camp Catta desservi par taxi brousse, prendre un premier taxi jusqu'à Ambalavao où nous récupèrerons quelques affaires que nous y avions laissées, puis un taxi jusqu'à Fianar ou plus loin... Vu que chaque étape peut représenter un certain nombre d'heures d'attente et aussi un certain nombre d'aventure, les inconnues sont nombreuses !
Le résultat :
- lever 6 heures sans trop de courbatures (étonnament),
- départ 7h30 du Camp Catta dans le 4X4 roulant mais vraiment vieux (genre le coffre qui se ferme avec une ficelle et le plancher qui laisse voir la piste par de petits trous...) du vazaha propriétaire,
- 1ère étape dans un village où nous attendons que le taxi brousse se remplisse en buvant une grande bouteille de "caprice orange" et mangeant des beignets... Ah, en fait, le taxi part alors qu'il n'est pas rempli, et c'est lui qui nous attend ?? Bon, OK, on monte, alors... Décidemment, va comprendre!!
- trajet avec de nombreux arrêts jusquà Ambalavao, le taxi ramasse toutes les personnes qui font signe sur la route. On arrive vers 9h30,
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A Ambalavao...
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- redépart direction Fianarantsoa vers 11 heures, ça donne l'impression d'optimiser la journée, tout ça... même pas trop d'attente !
- arrivée à Fianar affamés, réservation pour rentrer sur Tana, la capitale, on va manger de la soupe au jarret, on revient, réfléchit... téléphone à Véronica à Antsirabe et du coup on change d'avis pour aller à Antsirabe... Mais les rabatteurs nous disent "non, il n'y a plus de taxi pour Antsirabe", un gars au café nous dit "mais si, il y a un taxi",... bref on arrive à changer de destination mais en laissant quelques plumes au premier taxi, reste "plus qu'à" attendre qu'il se remplisse...
- départ de Fianar vers 16 heures, ce qui nous a laissé bien du temps pour faire quelques photos de l'ambiance du stationnement (cf. l'album photo),
- comme vous l'aurez remarqué, si on partait gagnants au départ, là, c'est devenu plutôt la "loose", la malchance... avec plusieurs heures d'attente à Fianar, le manque de pot continue avec le chauffeur de notre taxi, qui a l'air d'avoir tout son temps, et qui met presque le double de temps pour se rendre à Antsirabe, où nous arrivons à 23 heures, bien crevés, espérant que la pluie n'a pas trop mouillé nos affaires sur le toit !
Heureusement, Véronica est là, vient nous chercher, souriante, après un coup de fil avec un téléphone portable gracieusement prêté par un autre voyageur...
Et enfin, un vrai lit...
01 juin 2005
Copinage
Comme je trouve peu le temps d'écrire en ce moment, je vous propose d'aller suivre les aventures d'un toubabou (mot à confirmer par le concerné) en Guinée Conakry, à :
http://escapades.over-blog.com
Bonne lecture ! et à vendredi !
23 mai 2005
Dernier jour dans l'Andringitra
Jeudi 10 mars Photos : cf. album "Andringitra - jour 4"
Après une nuit fraîche, le démontage de la tente, du riz pour le petit déj, et avoir attendu un peu Andry, remonté de son village, nous voilà repartis de bon matin... La lumière est magnifique, le cadre aussi. C'est même éblouissant. Nous serpentons, traversons la rivière, et remontons, une pente assez raide qui me donne l'impression de ne plus en pouvoir alors que la journée commence à peine...! Le rythme donné par Fidélis est rapide pour moi, qui reste toujours bonne dernière ! M'enfin, arrivés en haut, nous voilà sur une sorte de plateau rocheux, appelé Diavolana (ce qui signifie "clair de lune"). Le coup d'oeil me confirme que, comme d'habitude, l'effort fourni en vaut la peine !
Nous espérons arriver pas trop tard au camp Catta pour essayer de négocier un transport jusqu'au village suivant, où nous pourrions prendre un taxi brousse, et si possible arriver à Ambalavao dans la soirée... Nous voulons éviter de rester au Camp Catta, car c'est un site touristique connu, et nous craignons les prix !
Nous passons un mur de pierres sèches, assez épais, construit depuis longtemps. Il servait, et sert encore, à protéger les habitants des voleurs de zébus. En effet, la zone où habite l'ethnie "Bara" (où le vol de zébu est un passage obligé pour la reconnaissance du jeune homme) est près, là, vers le sud... Impressionnant !
Nous marchons là un certain temps, Fidélis nous dit "on se croirait sur la lune, hein !?". Nous nous interrogeons avec Yoan sur l'origine de ce nom de lieu, Diavolana, courant à Madagascar. Nous n'avons pas vraiment l'impression d'être sur la lune, mais nous en concluons que ce nom doit être dans ce cas un moyen de faire comprendre aux touristes la dureté du milieu, et leur donner envie de le visiter !
En tout cas, un peu de plat ne me fait pas de mal... même si la fatigue accumulée des derniers jours ne me permet pas de tenir le rythme... Cependant, ce n'est pas moi qui me fait attendre... Yoan, à la recherche de criquets à photographier, est parfois loin derrière moi !
Enfin, nous arrivons au bord du plateau sur lequel nous marchons, en vue de l'objectif à atteindre ce soir : le camp Catta... Il y a encore un sacré bout de chemin, je commence à comprendre pourquoi Fidélis essaye de nous faire nous dépêcher davantage ! Nous prenons néanmoins le temps de faire une pause pour manger (du riz, bien sûr), et même se baigner dans une rivière, près d'un camp aménagé. L'eau est tellement froide... qu'à peine rentrée, je ne reste pas ! La fraîcheur semble me compresser les poumons, et c'est à grands coups d'expirations que j'arrive à m'y remettre ! Yoan arrive lui carrément à se laver les cheveux.
Nous repartons... Encore un peu de plat dans une sorte de prairie, puis nous attaquons la longue longue looongue descente, aménagée en marche d'escaliers...
Plus nous descendons, plus la chaleur se fait lourde et le temps tourne à l'orageux. Au cours de cette descente, j'ai dû m'arrêter, je n'en pouvais plus. Mal à la tête, mal au coeur. Yoan a alors pris mon petit sac pour me soulager. Merci Yoan !
Des feux de brousse récents ont bien laissé leur trace, et l'on voit sur cette photo l'effet "coupe feu" que semble avoir eu le chemin.
Cela fait toujours mal au coeur, de voir ces espaces brûlés. L'impression que les malgaches sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Mais aussi qu'ils n'ont pas vraiment d'alternative "facile" à mettre en oeuvre...
Nous arrivons peu à peu dans la vallée et retrouvons la "civilisation" : Tout d'abord des rizières, puis des champs cultivés, puis des habitations éparses et enfin le village. Nous nous y arrêtons pour nous signaler "sortants" sur un cahier tenu par les villageois. C'est l'occasion de voir un gros boa en train de prendre le frais dans une sorte de mini tunnel formé par 2 blocs de pierres. Les enfants en ont peur, et l'espace de quelques minutes, tout le monde accourt pour voir le serpent, et nous ne sommes plus le centre d'intérêt... Yoan fait mine de sortir le serpent, et tous s'en vont en courant, criant et riant !
Nous continuons à descendre à travers les rizières, en marchant sur les digues, en équilibre. Nous arrivons enfin au fond de la vallée, où il y a une rivière assez grosse à traverser, sans pont. Chaussures enlevées, nous passons, refaisons nos lacets. Juste après, à nouveau une rivière à traverser, et toujours pas de pont ou d'aménagement. Fatiguée, je commence à être de mauvaise humeur et râle de devoir encore enlever les chaussures. Je les quitte, et je suis de mauvaise grâce les conseils de Fidélis pour traverser "vas plus bas, car sur les rochers noirs, ça glisse", et bien sûr, tétue, je passe sur lesdits rochers, glisse et... tombe ! Ah, ça réveille, et la montée d'adrénaline (et de colère) mettent à jour ma mauvaise humeur qui entraîne aussi la mauvaise foi. J'en veux à tout le monde, et décide de ne pas remettre mes chaussures de marche, mais marcher pieds nus...
Après m'être un peu calmée, reposée, je les remets, ces chaussures, et vais m'excuser auprès de Fidélis, qui doit être habitué à en voir, des vazahas qui craquent ! Le plus difficile, c'est que j'ai l'impression que nous sommes arrivés, mais à chaque fois, c'est plus loin, il y a encore de la marche... La maison d'entrée du Parc passée, nous achetons un peu de classiko orange (boisson gazeuse à l'orange, bien sucrée), à partager, pour reprendre un peu de forces.
Peine perdue, entre mon rythme de marche qui s'amenuise peu à peu, de pair avec mon moral, il faut encore marcher, marcher, je suis découragée, d'autant plus qu'il faut monter de l'autre côté de la vallée pour arriver au fameux camp... Andry, qui boîte, reste en arrière avec moi. Nous arrivons enfin... Je n'en peux plus et enchaîne sur des étirements pour éviter les courbatures. On boit un coup, genre Tonic, et apprenons qu'il ne sera pas possible de partir ce soir... En fin de compte, l'emplacement d'une tente n'est pas trop cher, et en demandant de n'avoir que le plat principal - riz, sans entrée ni dessert, le coût reste abordable. Guide et porteurs se débrouillent eux de leur côté : en amenant le reste de leur riz à la cuisine, ils partagent et peuvent avoir du laoka : l'accompagnement. Fidélis travaillait auparavant là, il a l'air de connaître tout le monde.
Nous profitons même des sanitaires, avec eau chaude... Sur l'emplacement de la tente, il y a de la paille pour adoucir le sol... Que demander de plus ??
16 mai 2005
Suite de la dure journée...
Mercredi 9 mars suite
Oui, nous repartons après avoir grimpé jusqu'en haut du 2ème sommet de Madagascar, après 600 mètres de dénivelé aller et retour... Je ne suis pas très chaude, je préfererais rester au camp à ne pas faire grand chose, mais Fidélis à l'air de dire que c'est possible, et Yoan est bien motivé... Donc, on prend toutes nos affaires et on y va. On pose nos sacs à dos dans un autre camp où nous dormirons.
Et l'on se refait 600 mètres de dénivelé, en commençant par descendre ce coup ci. Quand je vois la raideur de la descente, je m'imagine les difficultés pour remonter... Mais c'est trop tard, on est parti...
Andry, le porteur, nous accompagne aussi, mais il a prévu lui de descendre jusqu'à son village pour chercher de nouvelles affaires. En effet, hier soir (la soirée où l'on s'est raconté des blagues), on a aussi discuté de ses tarifs. On n'a pas vraiment réussi à négocier comme on l'a fait avec Fidélis. Nous savons très bien que cela représente une grosse somme pour lui, nettement supérieure à s'il travaillait au champ. Ce sont les tarifs imposés par l'organisme gestionnaire du Parc de l'Andringitra. Bon, tant mieux pour lui. Hier soir, nous avons aussi déterminé qu'il viendrait jusqu'à la fin de la randonnée avec nous, et qu'il repasserait donc par Ambalavao avant de renter chez lui, plutôt que de refaire le trajet à pied à travers le parc. Et donc, puisqu'il va passer par "la ville", et qu'il va être fort payé, il semble vouloir repasser chez lui afin de prendre des affaires "décentes" pour son passage à Ambalavao. C'est marrant, la première fois qu'on la vu, on a eu la même remarque avec Yoan, ça nous a fait bizarre, car il était avec des chaussures à la mode, compensées, pas du tout pratiques pour marcher ; un bandana sur la tête, et des lunettes de soleil en haut du front (qu'il n'a jamais placées sur ses yeux) en décoration. Un kakou, en quelque sorte. Ce qui se confirmera...
Le but de l'après midi est d'aller voir des chutes d'eau et une grotte, qui ont chacune une histoire. Au final, ce sera un peu décevant : la grotte est vraiment une petite grotte de base où habitait un berger pour se cacher des voleurs. Les chutes, nous les verrons de loin car trop fatigués pour aller à leur pied. Ces 2 chutes d'eau ont la réputation de régler les problèmes de fertilité... Mais il est tard, nous sommes fatigués, et nous remontons en espérant arriver avant la nuit...
Nous marchons le long d'un canal (donc c'est plat) pendant un certain temps que j'apprécie. J'apprécie aussi l'importance du travail qui a été réalisé pour ariver à cet aménagement. Et cela date d'il y a 1 à 2 siècles, tout à été fait à la main. Balèze !
Puis... nous remontons, et là, c'est le calvaire pour moi, je suis vraiment crevée, ce n'est plus à un escargot auquel je compare mon allure, mais plutôt à une grand-mère fatiguée et malade... A cette vitesse, c'est sûr, on va rentrer de nuit et encore... Et là, Yoan fait preuve d'un immense courage : il me traîne. Il attrappe mon bâton et tire dans les passages adéquats : montée, mais sans trop d'obstacles, car sinon je n'arrive pas à placer mes pieds à temps et tombe... Quel athlète ! Grâce à lui, nous arrivons juste à la tombée de la nuit. Il est par contre claqué. J'arrive à trouver le courage pour monter la tente.
La soirée, à la lumière de la bougie, est tranquille. Le guide nous avoue qu'on a fait un trajet de fous, aujourd'hui, que c'était la première fois qu'il faisait ça, qu'on ne devrait pas lui demander d'en faire autant. Nous lui répondanons gentiment qu'il faut aussi qu'il nous dise si ce qu'on lui demande ne lui parait pas possible, car c'est lui qui connait les lieux. Voilà donc un exemple de la "politesse" malgache : il n'a pas osé nous dire "non, ce n'est pas possible de faire tout ça en une seule journée avec votre rythme". Ensuite, nous avons une discussion sur le couple, les façons de voir les choses à ce sujet à Madagascar et en France. Il nous demande quoi penser d'une française qu'il a guidée, et qui lui écrit régulièrement des lettres d'amour, lui proposant de venir vivre avec lui...
La nuit a encore été bien fraîche, nous n'avons pas profité de la piscine naturelle à côté du camp : trop froid et pas assez de temps aux heures chaudes...
