Mercredi 9 mars suite

Oui, nous repartons après avoir grimpé jusqu'en haut du 2ème sommet de Madagascar, après 600 mètres de dénivelé aller et retour... Je ne suis pas très chaude, je préfererais rester au camp à ne pas faire grand chose, mais Fidélis à l'air de dire que c'est possible, et Yoan est bien motivé... Donc, on prend toutes nos affaires et on y va. On pose nos sacs à dos dans un autre camp où nous dormirons.

Et l'on se refait 600 mètres de dénivelé, en commençant par descendre ce coup ci. Quand je vois la raideur de la descente, je m'imagine les difficultés pour remonter... Mais c'est trop tard, on est parti...

Andry, le porteur, nous accompagne aussi, mais il a prévu lui de descendre jusqu'à son village pour chercher de nouvelles affaires. En effet, hier soir (la soirée où l'on s'est raconté des blagues), on a aussi discuté de ses tarifs. On n'a pas vraiment réussi à négocier comme on l'a fait avec Fidélis. Nous savons très bien que cela représente une grosse somme pour lui, nettement supérieure à s'il travaillait au champ. Ce sont les tarifs imposés par l'organisme gestionnaire du Parc de l'Andringitra. Bon, tant mieux pour lui. Hier soir, nous avons aussi déterminé qu'il viendrait jusqu'à la fin de la randonnée avec nous, et qu'il repasserait donc par Ambalavao avant de renter chez lui, plutôt que de refaire le trajet à pied à travers le parc. Et donc, puisqu'il va passer par "la ville", et qu'il va être fort payé, il semble vouloir repasser chez lui afin de prendre des affaires "décentes" pour son passage à Ambalavao. C'est marrant, la première fois qu'on la vu, on a eu la même remarque avec Yoan, ça nous a fait bizarre, car il était avec des chaussures à la mode, compensées, pas du tout pratiques pour marcher ; un bandana sur la tête, et des lunettes de soleil en haut du front (qu'il n'a jamais placées sur ses yeux) en décoration. Un kakou, en quelque sorte. Ce qui se confirmera...

Le but de l'après midi est d'aller voir des chutes d'eau et une grotte, qui ont chacune une histoire. Au final, 38b_cascade_vu_den_basce sera un peu décevant : la grotte est vraiment une petite grotte de base où habitait un berger pour se cacher des voleurs. Les chutes, nous les verrons de loin car trop fatigués pour aller à leur pied. Ces 2 chutes d'eau ont la réputation de régler les problèmes de fertilité... Mais il est tard, nous sommes fatigués, et nous remontons en espérant arriver avant la nuit...

Nous marchons le long d'un canal (donc c'est plat) pendant un certain temps que j'apprécie. J'apprécie aussi l'importance du travail qui a été réalisé pour ariver à cet aménagement. Et cela date d'il y a 1 à 2 siècles, tout à été fait à la main. Balèze !

Puis... nous remontons, et là, c'est le calvaire pour moi, je suis vraiment crevée, ce n'est plus à un escargot auquel je compare mon allure, mais plutôt à une grand-mère fatiguée et malade... A cette vitesse, c'est sûr, on va rentrer de nuit et encore... Et là, Yoan fait preuve d'un immense courage : il me traîne. Il attrappe mon bâton et tire dans les passages adéquats : montée, mais sans trop d'obstacles, car sinon je n'arrive pas à placer mes pieds à temps et tombe... Quel athlète ! Grâce à lui, nous arrivons juste à la tombée de la nuit. Il est par contre claqué. J'arrive à trouver le courage pour monter la tente.

La soirée, à la lumière de la bougie, est tranquille. Le guide nous avoue qu'on a fait un trajet de fous, aujourd'hui, que c'était la première fois qu'il faisait ça, qu'on ne devrait pas lui demander d'en faire autant. Nous lui répondanons gentiment qu'il faut aussi qu'il nous dise si ce qu'on lui demande ne lui parait pas possible, car c'est lui qui connait les lieux. Voilà donc un exemple de la "politesse" malgache : il n'a pas osé nous dire "non, ce n'est pas possible de faire tout ça en une seule journée avec votre rythme". Ensuite, nous avons une discussion sur le couple, les façons de voir les choses à ce sujet à Madagascar et en France. Il nous demande quoi penser d'une française qu'il a guidée, et qui lui écrit régulièrement des lettres d'amour, lui proposant de venir vivre avec lui...

La nuit a encore été bien fraîche, nous n'avons pas profité de la piscine naturelle à côté du camp : trop froid et pas assez de temps aux heures chaudes...