Jeudi 10 mars      Photos : cf. album "Andringitra - jour 4"

Après une nuit fraîche, le démontage de la tente, du riz pour le petit déj, et avoir attendu un peu Andry, remonté de son village, nous voilà repartis de bon matin... La lumière est magnifique, le cadre aussi. C'est même éblouissant. Nous serpentons, traversons la rivière, et remontons, une pente assez raide qui me donne l'impression de ne plus en pouvoir alors que la journée commence à peine...! Le rythme donné par Fidélis est rapide pour moi, qui reste toujours bonne dernière ! M'enfin, arrivés en haut, nous voilà sur une sorte de plateau rocheux, appelé Diavolana (ce qui signifie "clair de lune"). Le coup d'oeil me confirme que, comme d'habitude, l'effort fourni en vaut la peine !

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Nous espérons arriver pas trop tard au camp Catta pour essayer de négocier un transport jusqu'au village suivant, où nous pourrions prendre un taxi brousse, et si possible arriver à Ambalavao dans la soirée... Nous voulons éviter de rester au Camp Catta, car c'est un site touristique connu, et nous craignons les prix !

Nous passons un mur de pierres sèches, assez épais, construit depuis longtemps. Il servait, et sert encore, à protéger les habitants des voleurs de zébus. En effet, la zone où habite l'ethnie "Bara" (où le vol de zébu est un passage obligé pour la reconnaissance du jeune homme) est près, là, vers le sud... Impressionnant !

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Nous marchons là un certain temps, Fidélis nous dit "on se croirait sur la lune, hein !?". Nous nous interrogeons avec Yoan sur l'origine de ce nom de lieu, Diavolana, courant à Madagascar. Nous n'avons pas vraiment l'impression d'être sur la lune, mais nous en concluons que ce nom doit être dans ce cas un moyen de faire comprendre aux touristes la dureté du milieu, et leur donner envie de le visiter !

En tout cas, un peu de plat ne me fait pas de mal... même si la fatigue accumulée des derniers jours ne me permet pas de tenir le rythme... Cependant, ce n'est pas moi qui me fait attendre... Yoan, à la recherche de criquets à photographier, est parfois loin derrière moi !

Enfin, nous arrivons au bord du plateau sur lequel nous marchons, en vue de l'objectif à atteindre ce soir : le camp Catta... Il y a encore un sacré bout de chemin, je commence à comprendre pourquoi Fidélis essaye de nous faire nous dépêcher davantage ! Nous prenons néanmoins le temps de faire une pause pour manger (du riz, bien sûr), et même se baigner dans une rivière, près d'un camp aménagé. L'eau est tellement froide... qu'à peine rentrée, je ne reste pas ! La fraîcheur semble me compresser les poumons, et c'est à grands coups d'expirations que j'arrive à m'y remettre ! Yoan arrive lui carrément à se laver les cheveux.

Nous repartons... Encore un peu de plat dans une sorte de prairie, puis nous attaquons la longue longue looongue descente, aménagée en marche d'escaliers...

Plus nous descendons, plus la chaleur se fait lourde et le temps tourne à l'orageux. Au cours de cette descente, j'ai dû m'arrêter, je n'en pouvais plus. Mal à la tête, mal au coeur. Yoan a alors pris mon petit sac pour me soulager. Merci Yoan !

47b_descente_vers_camp_cattaDes feux de brousse récents ont bien laissé leur trace, et l'on voit sur cette photo l'effet "coupe feu" que semble avoir eu le chemin.

Cela fait toujours mal au coeur, de voir ces espaces brûlés. L'impression que les malgaches sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Mais aussi qu'ils n'ont pas vraiment d'alternative "facile" à mettre en oeuvre...

Nous arrivons peu à peu dans la vallée et retrouvons la "civilisation" : Tout d'abord des rizières, puis des champs cultivés, puis des habitations éparses et enfin le village. Nous nous y arrêtons pour nous signaler "sortants" sur un cahier tenu par les villageois. C'est l'occasion de voir un gros boa en train de prendre le frais dans une sorte de mini tunnel formé par 2 blocs de pierres. Les enfants en ont peur, et l'espace de quelques minutes, tout le monde accourt pour voir le serpent, et nous ne sommes plus le centre d'intérêt... Yoan fait mine de sortir le serpent, et tous s'en vont en courant, criant et riant !

Nous continuons à descendre à travers les rizières, en marchant sur les digues, en équilibre. Nous arrivons enfin au fond de la vallée, où il y a une rivière assez grosse à traverser, sans pont. Chaussures enlevées, nous passons, refaisons nos lacets. Juste après, à  nouveau une rivière à traverser, et toujours pas de pont ou d'aménagement. Fatiguée, je commence à être de mauvaise humeur et râle de devoir encore enlever les chaussures. Je les quitte, et je suis de mauvaise grâce les conseils de Fidélis pour traverser "vas plus bas, car sur les rochers noirs, ça glisse", et bien sûr, tétue, je passe sur lesdits rochers, glisse et... tombe ! Ah, ça réveille, et la montée d'adrénaline (et de colère) mettent à jour ma mauvaise humeur qui entraîne aussi la mauvaise foi. J'en veux à tout le monde, et décide de ne pas remettre mes chaussures de marche, mais marcher pieds nus...

Après m'être un peu calmée, reposée, je les remets, ces chaussures, et vais m'excuser auprès de Fidélis, qui doit être habitué à en voir, des vazahas qui craquent ! Le plus difficile, c'est que j'ai l'impression que nous sommes arrivés, mais à chaque fois, c'est plus loin, il y a encore de la marche... La maison d'entrée du Parc passée, nous achetons un peu de classiko orange (boisson gazeuse à l'orange, bien sucrée), à partager, pour reprendre un peu de forces.

Peine perdue, entre mon rythme de marche qui s'amenuise peu à peu, de pair avec mon moral, il faut encore marcher, marcher, je suis découragée, d'autant plus qu'il faut monter de l'autre côté de la vallée pour arriver au fameux camp... Andry, qui boîte, reste en arrière avec moi. Nous arrivons enfin... Je n'en peux plus et enchaîne sur des étirements pour éviter les courbatures. On boit un coup, genre Tonic, et apprenons qu'il ne sera pas possible de partir ce soir... En fin de compte, l'emplacement d'une tente n'est pas trop cher, et en demandant de n'avoir que le plat principal - riz, sans entrée ni dessert, le coût reste abordable. Guide et porteurs se débrouillent eux de leur côté : en amenant le reste de leur riz à la cuisine, ils partagent et peuvent avoir du laoka : l'accompagnement. Fidélis travaillait auparavant là, il a l'air de connaître tout le monde.

Nous profitons même des sanitaires, avec eau chaude... Sur l'emplacement de la tente, il y a de la paille pour adoucir le sol... Que demander de plus ??